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Danièle Boni-Claverie fait une déclaration

Photo : URD

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Déclaration · Septembre 2026

« Trop, c'est trop ! » — Déclaration de la Présidente de l'URD

Après l’arrestation de M. Koné Katinan, la Présidente de l’URD appelle le gouvernement à faire baisser la tension, à libérer la parole et à privilégier le dialogue à la confrontation.

Texte intégral de la déclaration de Madame Danièle Boni-Claverie, Présidente de l’URD, relayée par la presse à partir du 17 septembre 2026. Les faits judiciaires évoqués relèvent d’une procédure en cours : toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence.

L'arrestation du 4e vice-président du PPA-CI : trop, c'est trop !

Nous avons appris avec consternation mais sans surprise réelle l’arrestation de M. Koné Katinan, 4e vice-président du PPA-CI, intervenue sous le couvert d’accusations que nous jugeons infondées. J’ai souvenir d’être passée aux Assises sous le couvert d’accusations plus farfelues les unes que les autres et n’avoir été condamnée que pour des « troubles à l’ordre public » !

Danièle Boni-Claverie fait une déclaration au micro

Madame Danièle Boni-Claverie, Présidente de l’URD.

Photo : URD

Cette arrestation nourrit notre inquiétude, nous qui sommes attachés à l’État de droit, aux libertés publiques, à la démocratie, à la cohésion sociale et à la paix dans notre pays. Je m’exprime aujourd’hui avec gravité mais aussi avec une colère retenue, la colère d’une citoyenne, d’une responsable politique et surtout d’une Ivoirienne qui refuse l’inacceptable.

Trop, c’est trop ! La confrontation systématique prend le pas sur le débat politique. Toutes voix dissidentes ou suspectées sont poursuivies, réduites au silence au lieu d’être entendues, sans le respect des règles républicaines. Être dans l’opposition n’est tout de même pas un crime, et ceux qui nous gouvernent aujourd’hui en savent quelque chose. La liberté d’expression n’est pas un privilège accordé à ceux qui dirigent. Et la compétition politique ne doit jamais devenir un prétexte pour intimider ou neutraliser ceux qui ne pensent pas comme le pouvoir.

Lorsqu’un responsable politique s’inquiète — et j’étends cela à tout le corps social et aux religieux en particulier —, c’est la crédibilité de nos institutions qui est en jeu, et notamment notre système judiciaire, qui devrait pouvoir travailler en toute indépendance, hors de toute pression politique.

Il faut que le pouvoir prenne en compte une donne qui semble lui échapper : les Ivoiriens sont fatigués. Ils commencent à parler et à murmurer. Ils sont fatigués de l’ensemble de la classe politique, des tensions politiques permanentes. Ils sont fatigués de voir la politique devenir un espace où la suspicion, la menace et la répression prennent le pas sur le dialogue que les héritiers d’Houphouët-Boigny devraient pouvoir privilégier. Ils sont fatigués d’avoir peur, d’être obligés de se taire.

Mais la recherche de la paix, l’affirmation de la stabilité politique n’autorisent pas le pouvoir à croire que cela lui permet de tout faire et de tout faire accepter à tout le monde. Le respect des institutions ne signifie pas que les citoyens doivent renoncer à leur droit de questionner l’action du pouvoir.

Je le dis avec franchise : le pouvoir doit entendre le malaise qui gronde et couve dans le pays. L’orpaillage clandestin, une catastrophe nationale ; la vie de plus en plus chère ; le renchérissement des prix de première nécessité ; le prix à 1 200 F du cacao qui attise la colère de nos paysans ; les déguerpissements inhumains.

Nous ne voulons pas d’une Côte d’Ivoire qui replonge dans les affrontements politiques, et quand je dis « nous », je parle de l’ensemble de l’opposition. Nous refusons la violence, la haine, la vengeance, mais nous ne pouvons pas nous résigner face à l’injustice.

Notre combat est démocratique. Il est républicain. Nous ne demandons pas un traitement de faveur pour M. Koné Katinan, nous demandons que la justice soit rendue dans la transparence et que personne ne soit privé de ses droits pour ses opinions, ses engagements ou son appartenance politique.

Un pays ne se gouverne durablement ni par la force ni par la peur, mais par la confiance. Il est donc temps pour le gouvernement de faire baisser la tension, de libérer la parole et de privilégier le dialogue à la confrontation.

Danièle Boni-Claverie, Présidente de l’URD

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