Une Constitution n’appartient pas au pouvoir du moment : elle est le pacte commun de la nation. C’est au nom de ce principe que l’URD s’est opposée, en 2016, à la procédure retenue pour doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle loi fondamentale.
Juin 2016 : une question de méthode
Le 27 juin 2016, Danièle Boni-Claverie a présenté en conférence de presse la position de l’URD sur le projet de révision annoncé par le chef de l’État. Le parti jugeait le moment mal choisi, la réconciliation nationale n’étant pas achevée, et demandait l’ajournement du processus. Surtout, il contestait une élaboration jugée trop fermée : syndicats, monde paysan et jeunesse étudiante en étaient tenus à l’écart.
L’URD proposait à la place de confier la rédaction à une Assemblée constituante ou à une commission consultative associant toutes les forces vives, et de donner la priorité aux réformes structurelles et institutionnelles dont le pays avait besoin. Pour le parti, c’était aux citoyens eux-mêmes de juger du bien-fondé d’une nouvelle République.
Octobre 2016 : en première ligne du Front du refus
À la veille du référendum du 30 octobre 2016, l’opposition réunie au sein du Front du refus et de la Coalition du non a appelé à manifester pacifiquement à Abidjan. Le 28 octobre, Danièle Boni-Claverie, porte-parole du Front du refus, marchait en tête du cortège. Aux abords du stade Félix-Houphouët-Boigny, les forces de l’ordre ont dispersé les manifestants au gaz lacrymogène, leur reprochant d’avoir quitté le parcours autorisé.
Une exigence qui demeure
Dix ans plus tard, la même exigence inspire la proposition de l’URD pour une nouvelle institution électorale : les règles du jeu démocratique doivent être écrites avec tous, et non imposées par un seul camp.